Optimisme ou manque de perspicacité ?

Publié le par Chedli Ben Messaoud

L’optimisme est devenu un mot sacré du politiquement correct !

Récemment, j'ai lu que ne pas faire preuve d’optimisme, c’est être maniaco-dépressif !  C’est être pessimiste ! C’est s’abandonner au désespoir !!!

C’est vrai que l’optimisme porte à l’espoir, au mieux-vivre et vous permet de voir la vie en rose !

Mais, en ce moment de notre vie postrévolutionnaire, avec son cortège d’insécurité, de revendications sociales, d’émiettement des forces politiques, d’émergence de forces obscurantistes et réactionnaires, de sondages d’opinion inquiétants, et  à un mois des élections de la Constituante, devrions –nous  honnêtement et objectivement être portés vers l’espoir et l’optimisme ou au contraire vers la vigilance et le pessimisme ?

La situation du pays étant ce qu’elle est, et ce que nous savons, il ne nous est pas permis, me semble-t-il, d’être portés vers un optimisme exagéré, voire vers un optimisme tout court.

Le faire, dans ces conditions, relèverait de la cécité politique, d’un manque de discernement, pour ne pas aller jusqu’à dire d’une tromperie flagrante de nos concitoyens.

Car, le risque est grand, demain, c'est-à-dire le  24 octobre prochain, que la classe politique et le pays dans son sillage, se trouveront devant un MUR !!! Oui, un MUR !!!

Pourquoi on est-on arrivé là ?  

Pour plusieurs raisons objectives, dont :

 

-          La présence d’un exécutif illégitime et impopulaire, qui n’incarne en rien les aspirations des masses qui ont fait la Révolution.

-          La formation plus que précipitée de la Haute Instance pour les réformes politiques, et la nomination dans cette Instance, des techniciens du droit, qui sont certes nécessaires, mais qui ne sont ni des politiques, ni des penseurs avec une vision et un projet politique pour sortir le pays du marasme généralisé dans lequel il pataugeait, et lui ouvrir des perspectives d’avenir claires et sans embûches.

-          L’imprécision totale des prérogatives et missions qui ont été attribuées à la Haute Instance. De sorte que sa mission principale, la préparation des élections pour la Constitution, entre autre, pourrait déboucher sur une Assemblée bloquée et paralysée dans le cas attendu et très probable d’une absence de majorité, mais aussi dans le cas d’un affrontement entre les islamistes d’une part, et les modernistes-progressistes d’autre part.

 

Ne dit-on pas que gouverner, c’est prévoir ?

 

A –t-on prévu les conséquences de cette précipitation, du blocage institutionnel vers lequel nous nous acheminons ? Et de ses conséquences désastreuses pour le pays ?

Les intellectuels et les journalistes qui se veulent aujourd’hui optimistes, n’ont-ils pas un devoir moral envers le Peuple ?  Pour avoir failli à leur double mission, qui consiste justement à éclairer et alerter –en temps opportun-   l’opinion et les politiques ?

C’est bien beau d’être optimiste ! Pourvu,  que l’on ne tombe pas dans la complaisance, la suffisance et le manque de discernement politique.

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