Sans solidarité effective avec Yamina, Ennahda aura de beaux jours devant elle, .....Et les tunisiennes n'auront que leurs yeux pour pleurer !

Publié le par Chedli Ben Messaoud

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Une chose est sûre.  A cause du traitement scandaleux infligé à Yamina Sbouï, et ensuite aux trois jeunes femmes fémens venues la soutenir, la réputation de la Tunisie et celle d’Ennahda ont pris un coup sérieux.  Le pouvoir tunisien est aujourd’hui relégué au rang des régimes islamistes misogynes et autoritaires où notamment la liberté de la femme et des artistes est sans cesse bafouée.

 

Pourquoi cet acharnement contre les trois jeunes femmes“féméns“ ?


- Est-ce à cause du soutien et de la solidarité qu’elles ont apportée au combat de Yamina Sbouï ?  

- Ou…parce quelles ont osé exhiber leur s seins  nus avec  l’inscription “Free Yamina“?

La belle affaire !

 

Cet acte d’exhibition des jeunes fémens, pas plus d’ailleurs que celui de Yamina, ne peut en aucun cas être considéré comme un acte vulgaire de pornographie.

 

C’est un acte militant, dans le but est d’attirer l’attention au combat courageux de la jeune Yamina ; un acte de solidarité et de soutient au moral de Yamina; un acte qui vise aussi à secouer et à réveiller les consciences en léthargie ; un acte enfin qui tend à sensibiliser les tunisiennes (notamment) et les tunisiens au combat juste et légitime de leur jeune compatriote.

 

Dans tout cela, je ne vois pas où est  le mal, le délit, le crime qu' Ennahda et les procureurs à sa solde, veulent coûte que coûte  "coller" à ces jeunes filles.

 

Je ne vois pas non plus, ce qui pourrait justifier le châtiment cruel, injuste et disproportionné qu’on leur a infligé.  

 

Comme à son habitude, la “justice“ tunisienne, encore et toujours aux ordres du pouvoir en place, hier mafieux, aujourd’hui  islamiste, a voulu par ce verdict impitoyable, à la fois  intimider, mais aussi  affirmer l’ordre moral de la chariâ,sensée  désormais régir la société tunisienne, c’est à dire, une société islamisée, une société d’hommes où la femme n’est pas sujet de droits. 

 

Un tel jugement est pour le moins excessif et disproportionné par rapport  à  “l’infraction“ commise par ces jeunes femmes.  

Rien ne justifie le traitement barbare qui leur a été réservé, ni la lourde peine dont elles  ont écopée. 

Elles ne sont nullement venues pour attenter à je ne sais quel la “pudeur“ ou quelles “bonnes mœurs“ islamistes! 

Elles sont uniquement  venues pour soulager et soutenir leur camarade Yamina, opprimée dans son propre pays,  pour les idées progressistes qu’elle porte  et pour son combat qu'elle mène en faveur de la liberté et des droits des femmes,  dans une société qui ne cesse de basculer vers un islamisme misogyne et rigoriste.

 

Le silence pesant et le manque de solidarité de la société tunisienne avec Yamina


Venant d’ Ennahda et des islamistes, ce comportement cruel n’étonne guère personne.

 

Mais, là où le bât blesse, c’est quand on constate l’indifférence affichée de la société et le manque quasi-général de solidarité vis-à-vis de Yamina et son combat. Plus que de l’indifférence, beaucoup   de tunisiens et de tunisiennes ont manifesté un sentiment d’hostilité à l’égard de son combat.

 

Cette indifférence et cette hostilité sont  une complicité implicite avec Ennahda, et un blanc seing    pour continuer à brimer davantage  la liberté d’expression.

Cela  est aussi,  une preuve que la société tunisienne, malgré les signes apparents de son  attachement au modernisme et à la liberté,elle souffre encore de l’emprise d’un conformisme et conservatisme social et religieux,qui ne peuvent que conforter les ennemis de la liberté.

 

 

Yamina rentrera dans  l’Histoire pour son audace et le courage de son combat visant à changer les mentalités et affirmer le droit de la femme tunisienne à s’approprier son corps et son destin.


Quant à Yamina, qui risque de payer plus cher encore le prix de ses idées et de son combat, l’Histoire retiendra qu’elle a été  courageuse et audacieuse, et qu’elle a livré un combat noble  pour la libération et l’émancipation de la femme tunisienne. Un combat,  non seulement  contre   l’obscurantisme des barbus, mais aussi contre le  conservatisme et la soumission de la société tunisienne  à un dogmatisme et une morale religieuse pouvant la conduire  au  modèle d’une société patriarcale à la saoudienne ou la pakistanaise.

 

Dans la Tunisie islamiste, on assassine les leaders politiques de gauche, on emprisonne les militants de la liberté et les artistes,mais on se montre généreux et cléments avec les criminels et mafieux des deux anciens régimes.


Il est scandaleux et révoltant de constater qu’à l’heure où l’on emprisonne et assassine les partisans de la liberté (je pense au martyrde la Tunisie Chokri Belaïd, à Yamina, aux fémens, mais aussi au jeune rappeur Ala Eddine Yakoubi -Wild el 15),  la Troyka  se montre généreuse et clémente et laisse  le champ libre aux véritables criminels,  ceux qui ont assassiné Chokri Belaïd, mais aussi ceux qui ont opprimé et pillé le peuple tunisien depuis l’indépendance du pays en 1956.

 

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Lire aussi l'art. de  A.Meddeb – Le Monde 13 juin 2013-06-16

 

http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2013/06/11/solidarite-avec-amina_3428286_3232.html

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