Demain les Elections !

Publié le par Chedli Ben Messaoud

  I – Enfin les élections.

Demain, le grand jour ! Demain nous commencerons à voter en France.

Dur, dur!  Pour qui voter ? Pour quel parti progressiste ? Pour quelle liste progressiste,  moderniste et indépendante ?

Ironie de l'Histoire, du jour au lendemain, on est passé du NON choix sous la dictature,  à l’EMBARRAS du choix après la Révolution ! Quel Bonheur !

 

 II –Trop de candidatures, trop de partis politiques, trop de listes !

D'aucuns voient dans cette multiplication de candidatures une aberration.

Pour ma part, j'y vois un signe de normalité et de bonne santé démocratique. Les tunisiens, femmes et hommes, avaient soif de liberté, de démocratie et de vie citoyenne. Et, à juste titre.

On le savait déjà avant la chute du dictateur. Mais, lui - tout comme son prédécesseur Bourguiba -, disait aux pays étrangers, qui lui demandaient de respecter les droits de l’homme,  que l’on n’était pas encore mûr pour la démocratie!

Mais, les faits ont prouvé le contraire et ont démenti les deux dictateurs.

En effet, à peine la dictature abolie, le monde a vu avec quelle ardeur et quelle spontanéité notre peuple a su organisé le début de sa vie démocratique : organisation d’élections offrant toutes les garanties de liberté et de transparence. Organisations de débats contradictoires  -de bonne qualité- à la télé, à la radio et dans toutes les villes du pays.

Le monde a également vu  l'engouement des tunisiens pour la participation à la vie démocratique et citoyenne à travers  la prolifération des candidatures : plus de 160 partis politiques et listes indépendantes !

 

III – Après l’engouement post révolutionnaire, le calme démocratique et républicain.

Tout ce foisonnement, toute cette effervescence, ce bouillonnement et ces excès, ce ne sont, à mon avis, rien d’autre  qu’un enthousiasme démocratique qui a lieu au début de chaque mutation, chaque changement de cette importance.

L'Espagne, après la chute du Franquisme a vu éclore plus de 350 partis. Et les choses, avec le temps, se sont tassées et se sont calmées petit à petit.

Ça sera la même chose chez nous. Et, comme tous les pays démocratiques,  nous aurons   deux ou trois familles politiques: une gauche avec ses inévitables composantes, un centre, et également une droite avec ses différentes ramifications (droite démocratique, et extrême droite/religieuse).

 

VI – Près du but, quel parti ou quelle liste choisir ? That is the question !

Considérant le nombre important des candidatures, qui plus est, ne se sont pas tous fait connaître, faute certainement de temps et de moyens, le choix va être délicat et hasardeux.

En ce qui me concerne, j’ai la chance de connaître un peu la scène et un bon nombre du personnel politique en Tunisie. En effet, j’ai  été, pendant plus de 15 années militant d’un grand mouvement politique de gauche que j’ai quitté en 1987.

Mes critères de choix ont été les suivants :

A – Critères négatifs :

-          Pas de partis politiques (où, selon mon expérience, on privilégie les petits intérêts des clans, du chef, etc. aux dépens des principes et valeurs, et aux dépens des  intérêts du pays et des citoyens). C’est mon expérience personnelle. Rien de plus.

Cela ne veut nullement dire que tous les partis politiques sont pourris. Je dirais même qu’ils sont nécessaires pour asseoir et dynamiser la démocratie.

-          Pas de partis politiques religieux : islamistes ou autres. Donc NON au mouvement Ennahda.

-          Pas de partis RCDistes et pas de Destouriens.

-          Pas de libéraux : je ne crois pas à l’économie libérale, qui aggrave les écarts entre pauvres et riches et qui poursuit un seul but : le profit.

-          Pas de nantis et de bourgeois : qui sont parfois « modernistes » et nichés dans des « partis de gauche », mais qui ont 2 ou 3 bonnes à la maison ! Qui éprouvent souvent du mépris pour  les déshérités de Sidi-Bouzid, de Jendouba ou de Kbilli ! Qui roulent en 4x4 et préfèrent habiter à Carthage, la Marsa et j’en passe -  Qui ont du mépris pour les plus modestes, pour ceux qui n’ont eu la chance d’accéder à la culture.

 

B – Critères positifs :

-          Des listes indépendantes des partis politiques.

-          L’octroi de libertés collectives (associations, syndicats, etc.),  et  individuelles (la liberté d’expression, la liberté de conscience), et l’adoption de la laïcité.

-          La séparation des pouvoirs : séparation effective notamment entre les pouvoirs exécutifs, législatif et judicaire.

-          L’établissement d’un régime parlementaire, avec contrôle strict de l’éxécutif (gouvernement et Président de la République), et rôle symbolique du Président de la République avec un seul mandat électif de 4 ans.

-          Un Parlement monocaméral, et un référendum pour l’adoption définitive de la Constitution.

-          Des contre-pouvoirs effectifs indépendants. Parmi lesquels :

-          Une Presse indépendante.

-          Un conseil Constitutionnel, saisissable par un minimum de citoyens.

-          Une Cour des Comptes indépendante.

-          Adoption du Référendum, à l’initiative des citoyens comme en Suisse, comme instrument d’exercice de la démocratie citoyenne.

-          Des syndicats indépendants pour la défense des classes laborieuses.

-          Des droits nouveaux : pour la femme – Pour les personnes âgées – Etc.

-          Un équilibre budgétaire entre les régions, avec discrimination positive pour les régions qui ont été sciemment oubliées sous la dictature.

-          Décentralisation des pouvoir de l’Etat vers les régions et les collectivités locales.

C – Mon choix, mon vote :

 Eu égard à ces différents critères, j’ai choisi de voter demain pour la liste de

« DOUSTOUROUNA » qui m’a paru :

La plus proche de mes préoccupations pour l’avenir de mon pays.

Une liste composée en majorité de personnes jeunes, crédibles, indépendantes et tenant un discours cohérent.

 

Je leur fait donc confiance, et j’espère défendront une Constitution citoyenne, qui assurera pour la Tunisiens Liberté, Démocratie, Egalité et Dignité.

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T
<br /> Bonsoir.<br /> Eh bien.. que dire.. si ce n'est que depuis les évènements du 14 Janvier, notre pays, à peine libéré de son tyran .. vit une euphorie qui se mêle à la peur que fait planer cette transition<br /> incertaine... mais en même temps, les Tunisiens tentent d'amorcer la mise en place d'une démocratie là où chacun veut faire valoir son opinion.. Et à ce propos, on constate malheureusement que<br /> certains ne veulent plus entendre l'impératif, mais y conjuguent leurs discours... quand ils revendiquent plusieurs choses en même temps, .. du coup la "démocratie" tant réclamée, vire à<br /> l'anarchie, à l'irrespect, et au règne d'une liberté aveugle et aveuglante , celle qui ne s’arrête pas là où commence celle des autres.. !<br /> <br /> En revanche, chacun porte en lui le désir de faire de la Tunisie un exemple précurseur à l'échelle régionale et internationale...<br /> ça n’empêche que le citoyen raisonnable devient de moins en moins crédule, et avide d'informations complètes et crédibles parce qu'il cherche à apprendre davantage sur les événements et à être plus<br /> proche de la réalité en se sentant plus concerné qu’auparavant de l’avenir de son pays et de sa nation .. Pour ma part, j'ai déjà voté.. pour le CPR (Vs Moncef Marzouki)..A mon sens, c'est le plus<br /> convaincant ! Un parti qui s'est forgé une identité et une réputation infaillible auprès du citoyen moyen, grâce à ses positions claires .. et sans pour autant recourir à l'arrivisme : ni argent<br /> distribué, ni cadeaux, ni sandwitchs, ni mariages collectifs, ni meetings orchestrés à la vieille méthode RCD ... j'en passe. J'espère avoir fait le bon choix. ^_^<br /> <br /> <br />
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